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Carnets de voyages de Michel et Marie-France de l'île Gorée au Sénégal

l'Île de Gorée

Située dans la rade de Dakar, l'Ile de Gorée, sur ses 18 hectares de superficie, compte aujourd'hui un millier d'âmes contre 5000 aux XVII° et XVIII° siècles.

Classée au Patrimoine Mondial de l'Humanité en 1978 par L'Île de gorée est classée par l'UNESCO l'UNESCO, l'île de Gorée symbolise à travers le monde, "l'une des pages les plus douloureuses de l'histoire de l'humanité": la traite négrière.

En même temps que le commerce de l'indigo, du coton, de l'ivoire, de l'or, de la cire, des peaux, les Portugais, les Anglais, les Hollandais, les Français, tous ont pratiqué, pendant trois siècles, la traite des esclaves, destinés aux plantations du Brésil ou de Louisiane.

L'île, belle et tranquille de nos jours, est restée telle qu'à l'époque coloniale, puisque l'ancienne église portugaise, la première construction, date du XV° siècle, et que les Européens s'y sont ensuite succédé, pour la commodité de la rade dans l'accostage des bateaux.

La Maison des Esclaves

Gorée est la place la plus avancée de l'Afrique face à l'Océan.De la Maison des Esclaves, dramatique témoignage de cette triste époque, hommes, femmes, jeunes filles et enfants, séparés, en bas, attendaient le départ dans de sombres cellules fortement barricadées. Les "récalcitrants" étaient chargés de lourdes chaînes…

Du haut du perron, où se tenait le quartier des marchands, de belles pièces grandes et aérées, les "maîtres" blancs (les "toubabs") désignaient ceux qui vogueraient vers les plantations des Amériques, après inspection de leur état de santé.

S'ils étaient trop maigres (poids minimum des hommes : 60 kg), on les faisait "engraisser", dans une cellule "d’inaptes temporaires" afin d'augmenter leur valeur marchande avant l’embarquement qui se faisait par une porte sinistre, au fond d’un sombre couloir.

balcons ouvragés de l'époque coloniale sur l'île de GoréeLa porte de l'enfer, au bout d'un couloir suintant sur l'île de Gorée
Un contraste saisissant entre les rues lumineuses et le couloir de l'esclaverie...

La mer lumineuse et symbole, habituellement, de liberté et d’immensité, devenait ici l’image du drame, de la séparation et de la déportation.

On pouvait entasser jusqu'à 500 ou 600 esclaves dans les soutes du "voyage sans retour". La journée, seules les femmes et les enfants pouvaient monter sur le pont, les hommes, eux, étaient arrosés d'en haut et ne sortaient qu'exceptionnellement, par peur d'une révolte.

Plus de 20 millions d'Africains furent ainsi concernés pendant cette période. Nous écoutons les explications du conservateur, M. Boubacar Joseph Ndiaye, dans une ambiance lourde. On dirait que les murs nous restituent ces drames par tous leurs pores et crient en silence. Des Américains venus retrouver la trace d'ancêtres pleurent... L'émotion est très forte.

La maison des esclaves de GoreeLa maison des esclaves de Gorée
L'escalier en "U", monumental, de la Maison des Esclaves

Gorée n’était malheureusement pas le seul passage des esclaves pour le Nouveau Monde. Les centres d’esclaverie et d’embarquement étaient répartis sur toute la côte dans des fortins, "les Fabriques". Plus au nord, Saint-Louisétait, sur "La route des esclaves", le point de convergence de la traite négrière arabo-musulmane et européenne.

La Maison des Esclaves est donc un lieu très symbolique et émouvant, consacré par l’Unesco, qui a le très grand mérite de nous remettre en tête cet épisode dramatique de l’Histoire, pour qu’il ne soit jamais oublié.

Flânerie en ville

Après l'émotion, la flânerie dans les ruelles de sable rose nous rassérène. Pas de voiture, il faut marcher entre la partie basse, où sont construits le port et la ville, et la falaise basaltique, où le "Castel" montre encore ses ouvrages militaires : canons, tourelles et poternes.

Nous nous promenons dans le centre de l'île avec ses maisons coloniales, principalement du XVIII° s, à balcons de bois, typiques et colorées. Ocres, jaunes, roses, volets bleus ou verts, toutes couleurs minérales de pigments naturels. Les maisons respirent l‘harmonie, avec leurs vérandas à colonnes, leurs escaliers monumentaux, leurs jardins intérieurs exubérants que l’on devine de l’extérieur, les bougainvilliers débordant sur la rue étroite et ombragée.

L'allée de baobabs à Goréemurs d'artistes sur l'île de Gorée
L'allée de baobabs nous amène au quartier des artistes.

Une magnifique allée bordée de baobabs, les "arbres de 1000 ans", monte vers la forteresse, le Fort d’Estrées. S'ils ne dépassent guère 10 m de haut, leur circonférence peut atteindre 23 m. Tout en eux est utile aux habitants : branches, écorce,feuilles et fruits s'utilisent.

Une île d'artistes

Gorée offre aussi au visiteur ses échoppes de souvenirs et compte parmi ses habitants de nombreux artistes : sculpteurs, peintres à l'huile ou sur verre.

Dans ces boutiques réservées au touriste, on peut essayer de marchander, mais l'Européen est "riche" et l'artiste fier, et la discussion est difficile !

Gorée : des ruelles de terre interdites aux voituresLes artistes exposent sur l'ile de Gorée
Balade chez les artistes, exposant leurs oeuvres en plein air .

Mais nous avon été séduits par les teintes bleues d'un tableau très moderne, et nous nous appliquons à trouver un terrain d'entente. Un peu de bonne volonté de part et d'autre, la négociation finit par aboutir...

 

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