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Une grande journée d'excursion, aujourd'hui : nous partons vers le marché de Thiaroye, gai et animé. Couleurs et odeurs se télescopent pour nous offrir une image de l'Afrique telle que nous l'imaginons.
Des chevaux tirent des charrettes pleines de poissons, des femmes au verbe haut vendent fruits, légumes et tissus, des enfants jouent au milieu du brouhaha... Quel spectacle !
Plus loin, nous allons vers la côte, le lac Retba, plus connu sous le nom de lac Rose, dans le village de Sangalkam, à 40 km de Dakar, en bordure de la Grande-Côte. C'est une curiosité naturelle qui doit sa renommée à sa teinte qui vire du rose au mauve en fonction de l’intensité des rayons solaires.
La couleur rose du lac est due à une cyanobactérie, animal microscopique dont le lac est peuplé et qui fabrique un pigment rouge pour résister à la concentration de sel comme au Sri Lanka.
Les jours de grand vent, l'évaporation du lac s'intensifie, la concentration en sel augmente en conséquence et, en réaction, les cyanobactéries sécrètent leur pigment pour y résister, ce qui rehausse l'intensité de la couleur des eaux.
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La baignade dans le Lac rose, un moment amusant. | |
La salinité du lac est à peu près similaire à celle de la Mer Morte en Israel et augmente considérablement la flottabilité. Il est impossible de s'y noyer !
Un café, sur la rive, accueille les baigneurs, qui s'ébattent en faisant attention à ne pas se lancer d'eau dans les yeux : attention, ça brûle ! Il est impossible de nager. On peut, tout juste, s'asseoir dans l'eau. Les pieds remontent aussitôt, et il faut alors écarter bras et jambes pour garder l'équilibre et ne pas rouler sur soi-même, ce qui risquerait de mettre le visage en contact avec le sel.
Après le bain, un vieillard hilare nous rince d'un peu d'eau douce, avec une calebasse, en écartant délicatement les maillots, surtout ceux des dames : lui aussi se rince... l'oeil !
Le jour de notre passage, le vent avait laissé un ciel clair et lumineux, alors le lac était d'un rose soutenu, pour le plus grand plaisir des photographes.
Du côté des saulniers, jour et nuit, il règne une intense activité : Le lac de 3 km² est divisé en quatre sites "Khar Yalla, Khoss, Virage et Daradji", et fait vivre des milliers de personnes grâce au sel exploité depuis les années 70 par quelques 800 pirogues : des Sénégalais Peuls des villages environnants, mais aussi des Guinéens et des Maliens.
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es sacs de sel s'étendent le long des rives | |
Les villageois se livrent à l'extraction du sel (on compte jusqu'à 330 g de sel par litre alors que la salinité de la mer méditerannée n'est que de 30g par litre) puis à sa mise en sacs.
Enfoncés jusqu’à la taille, les hommes, le corps enduit de beurre de karité pour se protéger de la corrosion, arrachent les croûtes de sel déposées sur le fond en les cassant avec un piquet et remplissent des pirogues d'une capacité pouvant aller jusqu'à une tonne, que des femmes tirent, à intervalles réguliers, sur la berge.
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Le blanc du sel fait ressortir les roses du lac | |
Le sel récolté est mis en tas, identifiés au sigle des familles par des sortes de planchettes de bois, sur les bords du lac pour sécher et blanchir au soleil.
Après son ensachage, il est vendu à des intermédiaires qui le commercialisent en ville pour la conservation du poisson ou le font partir dans les pays voisins.
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Le long du lac s'alignent les barques des saulniers du village. | |
En quittant le Lac Rose, un camion "6x6" nous amène sur la plage d'arrivée du Paris-Dakar. Les conducteurs nous font traverser des dunes sauvages, en choisissant les plus vives pour nous effrayer...
Dans les dépressions, on peut parfois rencontrer un petit potager de verdure : choux, carottes ou tomates, soigneusement entretenu par un agriculteur Peul.
Nous allons d'ailleurs visiter un village Peul, à côté : le chef nous y accueille, entouré de ses femmes et de ses nombreux enfants. Nous entrons dans une case, y écoutons les us et coutumes locales, contées par le fils ainé, et leur achetons quelques objets traditionnels, élaborés par les villageois : des moments intenses entrecoupés de fous-rires de part et d'autre....
Au bord de la mer, le long de l'immense plage de l'arrivée du Dakar, entouré de centaines d'oiseaux, on peut admirer l'adresse des pêcheurs qui prennent à l'épervier des mulets qui s'aventurent dans les vagues trop près du bord.
Là, la mer est forte, les courants traîtres : il ne faut ni s'y baigner, ni sauter dans ses rouleaux sous peine d'être emporté par les flots.