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La Sicile est la plus grande île de la Méditerranée : 25 700 km2. Bordée de 3 mers : les mers d'Afrique, à l'Ouest, Tyrrhénienne, au Nord, et Ionienne, à l'Est. Sa situation lui offre un climat agréable toute l'année.
Des Sicanes aux Sicules, la Sicile fut successivement habitée par les Grecs, les Romains, les Bysantins, les Arabes, les Normands, les Angevins... et devient Italienne en 1860 : quelles richesses architecturales et culturelles !
Notre itinéraie nous en fera faire le tour... Notre point de départ et de retour se situe à Kamarina, sur la côte sud de l’île. C’est là que nous reviendrons en villégiature, une fois notre grand tour achevé.
Nous commençons par Catane où nous faisons un tour de marché et visitons la ville, parfois surnommée la “Milan du Sud”, le “ Chicago de la Sicile ", qui est la capitale économique de l'île. Nous suivons 70 km des route pour arriver à notre première étape importante.
C'est Syracuse (inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco en 2005
), fondée par les Corinthiens sur un site Phénicien, au VIII°s. av.JC.
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Le temple d ’Apollon | Le théâtre grec de Syracuse |
Syracuse a longtemps été la ville la plus influente de l'île, sous la domination de ses Tyrans. Installés sur la petite île d'Ortigia ("caille" en grec), ils développent la colonie qui devient le centre de l'hellénisme occidental, la «Grande Grèce».
De cette époque, reste le temple d’Apollon, du VI°s av JC. D'ordre dorique, il est devenu mosquée puis église romane. On n’en voit plus que quelques vestiges : des colonnes doriques et, sur le mur nord, le pan d'une ancienne mosquée. Il ouvre sur la Nécropole rupestre de Pantalica : plus de 5 000 tombes taillées dans le roc, entre le VIII° et le VII° s av. JC.
Le théâtre grec, créé au II° s av. JC, rupestre, épouse la conque de la colline. C’est l'un des plus vastes connus. Il a été modifié au V° s par l'architecte Demokopos pour le tyran Gelon.
C'est là qu'Eschyle a fait représenter "les Perses" en 472 av. JC. 15 000 spectateurs peuvent prendre place le long des 66 rangs de gradins creusés dans le rocher en deux aires bien distinctes. Son diamètre (128m) est impressionnant, mais notre guide nous prouve amplement, d’une voix sonore, l’excellence de son acoustique !
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Le Forum romain | Un côté de l'amphithéâtre romain |
C’est encore aujourd'hui un lieu de concerts et de spectacles de tragédie grecque.
Nous débouchons, dans une ancienne carrière de granit, sur une grotte dans le rocher des «Latomies du Paradis». Elle est nommée «l’oreille de Denys», car c’est là que le tyran faisait emprisonner ses opposants.
Un effet sonore renvoyait le son à l’entrée. Là, Denis écoutait ce qu’on disait de lui…
A côté, nous visitons l’amphithéâtre ovale romain du III° s. On y donnait de cruels jeux du cirque, immortalisés par les péplum des années 50.
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La fontaine Aréthuse | Piazza Duomo, les abords de la cathédrale |
Face à la mer, la fontaine Aréthuse murmure. Là, la nymphe a été transformée par Artémide pour la soustraire à l’amour d’Alphée.
Cette fontaine, reliée à la mer par des canaux souterrains, donne pourtant de l'eau douce. Les cygnes y ont élu domicile.
Nous sommes aussi dans la Syracuse chrétienne : Piazza Duomo, où la cathédrale, normande, avec ses trois nefs, remplace, au VII° s, le temple d'Athéna, construit par le Tyran Gelon après la victoire d'Himère.
Les colonnes du temple sont encore visibles dans sa façade baroque rebâtie au XVIII° s. après le séisme de 1693.
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La grotte dite l'oreille de Denys | La cathédrale et ses colonnes du Temple d'Athéna, Syracuse |
C’est une ville où il fait bon flâner : ruelles fraîches sous le soleil, petits commerces, restaurants animés...
Nous dînons dans une trattoria d’Ortigia et flânons au bord de l’eau, avant de rentrer à notre hôtel.
Il est magnifique, notre Grand hôtel "villa Politi". C'est une ancienne résidence patricienne de la fin du XIX° siècle, bâtie dans l’immense parc des «Latomie dei Cappuccini».
Une «latomia» (c’est la 2° fois que nous rencontrons ce nom) était une carrière, utilisée ensuite comme prison… Lors du tremblement de terre de 1693, ces galeries, qui étaient couvertes, se sont retrouvées à ciel ouvert.
Envahies par la végétation, elles sont devenues des lieux de promenade, précieux alliés d'amours clandestines. Du coup, des 5 latomie que compte la ville, plusieurs ont été fermées, pour des raisons de sécurité, et de morale !
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La villa Politi, sue les Latomie dei Cappuccini | Les jardins sur la Latomia dei Cappuccini |
Une dernière flânerie, le soir, aux abords de l'hôtel : nous nous promenons sur la corniche qui surplombe la ville et le port.
L'heure est douce, le soleil se couche peu à peu... Syracuse est vraiment une belle ville qui, vue d’ici, justifie amplement le nom que les Phéniciens lui avaient donné au VIII° s :
« Syracuse » veut dire « Roche aux mouettes » et c’est bien le cri des mouettes qui nous escorte dans notre promenade.

