Vous êtes ici > Carnets-et-voyages > Sicile > Erice
De Ségeste, nous continuons, toujours plus à l’ouest, vers Erice, chantée par Pindare comme «la plus belle ville des mortels», «amie du faste», «colossalement riche».
Nous suivons une route qui monte, qui monte, en virages compliqués et passe parfois dans la brume. Ancien fief phénicien, perché à 571 m de hauteur, au sommet du Monte San Giuliano, Erice domine la vallée de Trapani.
C'est l'antique Erix, dont une légende dit qu’elle a été fondée par Eryx, roi des Elymes, fils de Vénus et du roi Butex… Une autre explication dit que le nom d'Erice provient de l'italique Eryx, qui veut dire montagne.
Ville à l’aspect médiéval, temple actuel de la science, Erice abrite de nos jours l'Ecole internationale de chimie spatiale.
![]() | ![]() |
|---|---|
Les remparts et le chateau Pepoli | Un labyrinthe de ruelles médiévales |
Et pourtant, on se déplace à pieds dans la ville… Contradictions amusantes de l’Histoire !
Nous laissons donc notre car hors les murs et pénétrons en ville par la porte Trapani, qui nous ouvre la voie dans l’enceinte fortifiée. Nous grimpons dans un réseau de petites ruelles tortueuses, pour arriver à notre hôtel de charme, l'Elimo, adorable.
Après le déjeuner, l’après-midi est à nous : nous allons errer au hasard des rues. La ville, dans une atmosphère d'une sérénité surprenante, est un labyrinthe de ruelles médiévales, aux pavés polis comme des galets, qui nous offre détente et fraîcheur.
Nous longeons des cours intérieures abondamment fleuries, des maisons en pierre aux portes décorées, des petites places ombragées et des églises élégantes et arrivons aux remparts et au château Pèpoli, tout en haut.
![]() | ![]() |
|---|---|
Erice, aux superbes frontons de portes | Erice : la place principale |
C’est là qu’autrefois, sur une crète inexpugnable, se dressaient l'acropole de la ville antique et le temple de la Venus Erycine.
Là, les Phéniciens adoraient Astarté, es Grecs Aphrodite, les Romains Vénus, toutes trois déesses de la beauté et de la fécondité. Les pèlerins "s'unissaient" avec les hiérodules, les prêtresses sacrées du culte.
Il n’en reste que quelques ruines, ainsi que les remparts d’un château normand construit au XII° s pour défendre la ville. En revanche, le château Pèpoli, du XIXe siècle, se visite, tout comme la tour du château médiéval du Bàlio, restaurée en 1873. De là, la vue sur la vallée, jusqu'au Monte Cofano, est splendide.
De là, nous redescendons doucement vers la Cathédrale, près de la porte Trapani. Elle a été bâtie au XIV° siècle, avec un campanile séparé dans une tour crénelée, qui servait ainsi de point de défense à la ville. Il est décoré, à l’étage supérieur, par d’élégantes fenêtres géminées.
![]() | ![]() |
|---|---|
Erice : les châteaux et remparts | Le campanile et la Cathédrale d'Erice |
Le porche s’ouvre sous un portique ajouté à la façade de la Cathédrale au XVe siècle.
L'intérieur a été refait au XIX°s en style néogothique, mais contient toujours une superbe rosace du XIV°s et une Madone à I'Enfant, 1469, attribuée à Domenico Gagini.
Mais Erice n’est pas qu’une ravissante bourgade fleurie. C’est aussi la capitale de la «frutta martorana», délicieuse pâtisserie à base de pâte d'amande !
La pâtisserie Mangiapane garde au chaud ses délicieux «dolci ericini» (douceurs d'Erice) fabriqués au couvent San Carlo d’Agrigente.
![]() | ![]() |
|---|---|
Erice : la tour du Balio, restaurée | Erice : de belles portes |
Après ces visites, nous goûtons donc quelques douceurs :
La "fastucata", tourte à base de pistaches ; les crocciole, coquilles de massepain vert amande fourrées de fruits ; les "cannoli", cornets de pâte frite, relevée d'un peu de poudre de café, et de Marsala, fourrés de fromage blanc au Marasquin, de morceaux de marmelade de courge, de chocolat fondant, de pistaches pilées et d'une gousse de vanille...
Idem, la "cassata", qui peut être une pâtisserie très appréciée, de pain d'Espagne et de chantilly, fourrée de fruits confits, ou une glace à plusieurs parfums et de plusieurs couleurs superposées ...
Et les autre glaces ? Les "sorbetti, granite, croccanti con panna", à tous les parfums possibles, "tuttifrutti, moka, giardinetto", pour n'en citer qu'une petite partie ... Que de délicieux pêchés !

