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Aujourd'hui nous allons exècuter une descente vertigineuse de Nuwara Eliya, à 2 040 m d'altitude, jusqu'au niveau de la mer, vers Hambantota, sa plage et ses marais salants.
Notre route suit le chemin des plantations de thé : c'est la première richesse du Sri Lanka, avec presque 290 000 tonnes exportées en 2002, soit 20% des exportations au niveau mondial.
L'origine du thé, introduit au Sri Lanka par en 1876, est légendaire.
Le prince-moine indien Bodhidharma, parti en Chine pour précher le Bouddhisme, avait juré de ne pas dormir pour mieux méditer.
Après plusieurs semaines de veille, (d'autres versions disent trois ans) il finit néanmoins par s'endormir. Saisi de remords lorsqu'il se réveille, il s'arrache les paupières et les enterre : un arbre pousse à cet endroit. Lorsqu'il en grignote des feuilles, il s'aperçoit qu'elles favorisent l'éveil...
Pour les Chinois, c'est en 2737 av. JC que l'empereur Shen Nung, faisant bouillir de l'eau à l'abri d'un arbre (le même, peut-être ?) pour se désaltérer, y vit tomber quelques feuilles détachées de l'arbre par une brise légère.
Elles se mêlèrent à l'eau et lui donnèrent une couleur et un parfum délicat. L'empereur y goûta, s'en délecta et en reprit. Le thé était né.
Nous suivons une route de montagne à travers une végétation luxuriante, en escaliers : les plantations de primeurs, de cacao, de riz et de thé se succèdent selon les étages de la végétation.
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Le thé règne en maître sur la montagne | La montagne, exploitée en escaliers |
On croise de nombreuses cueilleuses de thé, drapées dans des saris aux vives couleurs.
Leurs paniers d'osier sont retenus sur la tête par une sangle posée sur une sorte de coussin : lorsqu'on sait que la hotte pèse, pleine, entre 18 et 20 kg (le minimum pour que la journée soit financièrement rentable), on en comprend l'intérêt !
Ce travail est essentiellement féminin, il faut beaucoup de délicatesse pour cueillir, sans se lasser, 2 feuilles et le bourgeon terminal à chaque mouvement du poignet.
Les tournants aussi se succèdent, ainsi que les frôlements de ravins et les inquiétudes des passagers...
Du coup, nous nous retrouvons aux premières places, dans le car, par abandon des titulaires !
Nous passons devant les majestueuses cascades de Duhinda.
Dans cette région, au XIX° siècle, à l'époque coloniale anglaise, il existait de nombreuses plantations de café. Elles ont été malheureusement détruites par un parasite vers 1860.
Le thé, venu d'Assam et de Chine grâce à l'Ecossais James Taylor, lui a alors succédé, avec le succès que l'on sait !
A 1 600 m, nous franchissons le col de Haputale : l'impression est étonnante.
D'un seul coup, on perd l'impression de montagne et de verdure pour retrouver les paysages plus sec du Sud.
De là où l'on est, on aperçoit bien toutes ces basses terres vers lesquelles nous nous dirigeons, parsemées de lacs artificiels, et la mer, au loin, est là qui nous attend !
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Les cueilleuses de thé au travail | Randonnée le long des marais salants |
Nous avons définitivement laissé derrière nous la partie fraîche de l'île : nous nous retrouvons dans un climat de plaine, sec et chaud.
Nous allons traverser les marais salants d'Hambantota : une des richesses de la région provient en partie des salines avoisinantes, qui font vivre, avec la pêche, les 10 000 habitants.
Nous cheminons à pied au milieu des marais qui s'étendent à perte de vue. Les buffles paissent dans ces prés salés qui sont un sanctuaire pour les oiseaux marins.
Nous rejoignons des 4x4 pour un mini safari qui nous mène au coeur de la réserve de Bundala, un parc national côtier inscrit au programme MAB de l'Unesco des réserves de Biosphère "Biosphere Reserve Information".
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Randonnée le long des marais salants | Mini Safari dans la réserve de Bundala |
C'est un vaste territoire de jungle, de savane, de lacs, de lagunes et de hautes dunes, qui a été constitué pour préserver des espèces en voie de disparition.
C'est en effet une tradition au Sri Lanka : la première réserve animalière au monde y a été créé dès le III° siècle avant JC. par le roi Devanampiya Tissa.
Le pays possède maintenant 12 parcs nationaux, dont 4 seulement se visitent pour permettre une meilleure préservation du capital nature.
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L'éléphant du bosquet | A la recherche des crocos |
On nous promet des éléphants sauvages comme on peut le faire en Afrique, par exemple dans les marais d'Enkongu Narok, à Amboseli, au Kenya. En effet, nous longeons un bosquet qui s'anime soudain...
Le garde nous parle de cet éléphant, un mâle chassé de son troupeau, solitaire et farouche. Il est connu pour avoir chargé des personnes à pied : on passe doucement pour essayer de le photographier, mais il nous dédaigne et se rencogne sous le couvert des arbres.
Parfois, on rencontre aussi des sangliers, et pour quelques chanceux, des panthères : ce ne sera pas notre cas aujourd'hui.
Après nous avoir malmenés le long de chemins cahoteux, notre conducteur nous pose le long de la côte, une longue bande de sable corallien : nous continuerons en marchant.
Nous voyons au passage des iguanes et, de plus loin, des crocodiles qui se prélassent au soleil.
Ils ont trop loin pour qu'on les photographie, mais pas assez pour qu'on n'éprouve un délicieux frisson d'aventure et de danger...
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Marais et oiseaux | Le repas des flamants roses |
Nous faisons s'envoler de petits échassiers : nous reconnaissons entre autres des hérons et des pélicans, mais nous ne dérangeons en rien les seigneurs du lagon : des dizaines, des centaines de flamants roses qui se nourrissent de crevettes, comme ceux du Lac Nakuru au Kenya.
Tout est rose dans ces grands oiseaux dégingandés, en camaïeu de nuances : les ailes rose vif et noir au bout des rémiges, les longues pattes, d'un rose plus soutenu, le bec busqué et typique rose foncé à pointe noire.
Les cris que nous entendons rappellent curieusement les discussions sonores très bruyantes des oies.
Le flamant cancanne ! Cet oiseau très social est particulièrement expressif : un véritable brouhaha règne dans cette colonie !
La couleur rose du flamant vient de son alimentation : Il filtre l'eau des lagunes et des étangs saumâtres grâce à un bec spécialisé, par un système que les spécialistes nomment de peignes.
Ca permet la capture d'une sorte de crevette appelé Artemia salina ; ainsi que l'évacuation du sel contenu dans l'eau qui y transite, avant d'avaler la proie.
C'est cette crevette qui est à l'origine de la couleur rose du flamant mais aussi de la coloration des salines à certaines périodes de l'année, car "Artemia" contient des pigments kéto-caroténoïdes. Artemia se nourrit de cyanobactéries, animaux microscopiques de 4 à 30 microns, dont le Lac Rose, au Sénégal, est peuplé et qui fabrique un pigment rouge pour résister à la concentration de sel.
La concentration des bactéries est donc à l'origine de la couleur de l'eau et des crevettes ! Et c'est les yeux pleins de bruit et de couleurs que nous quittons à regret cet endroit...

