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Cet après-midi, nous allons nous lancer à l'assaut de Sigiriya, forteresse et palais, érigé au sommet et autour d'un gigantesque rocher monolithique, rouge, haut de 200 m et nommé : "le
chateau céleste" sur "le rocher du lion".
Il est intéressant de savoir que la citadelle de Sigiriya est classée par l'Unesco au patrimoine Mondial de l'Humanité depuis 1982. Un détail amusant, bien que totalement anachronique : le site est tellement surprenant qu'on y a tourné une scène d'un des Indiana Jones !
La cité a été contruite, au V° siècle, par le roi Kasyapa qui usurpa le trône avec sa concubine après avoir emmuré son père vivant et chassé son frère.
Il a édifié un palais étonnant au sommet de ce rocher inexpugnable pour se protéger de ses sujets qu'il craignait, après ses "exploits" ! Mais, après 18 ans, son frère est revenu d'Inde avec ses troupes pour le punir et le chasser à jamais...
Le site était entouré, autrefois, d'une puissante enceinte fortifiée, dont il reste quelques vestiges.
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Sigirya est là-haut, si haut.... | L'escalier aux pattes de lion |
On commence par traverser de magnifiques jardins royaux : allées, parterres dessinés au cordeau, comme les jardins arabo-musulmans, ou à la Française du XVII° s, symétrie des plans d'eau et des bosquets. Ils s'étendent sur le plateau. Puis on s'attaque à l'ascension du monolithe...
Pour monter au sommet du rocher, nous avons dû "vaincre" un dénivelé vertigineux de 200 mètres.
C'est une épreuve d'un peu plus d'une demi heure de grimpette, voire d'escalade dans les moments délicats.
Nous gravissons d'abord des sentiers escarpés tracés dans le roc, protégés par de fines balustrades de métal, puis un escalier assez raide en spirale, qui semble se jeter dans le vide pour nous mener à une terrasse accrochée à la roche.
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Farandole de grimpeurs... | Les jardins royaux, vus d'en haut |
Pour nous récompenser de l'effort, nous passons par une galerie installée devant une anfractuosité du rocher, où nous accueillent les fresques des "demoiselles de Sigiryia" des dames dénudées aux poitrines généreuses.
Dames de cour, nymphes célestes ou danseuses sacrées ? "Apsaras", les "dames des nuages" sont peintes sur les parois de cette corniche naturelle, sur plus de 20 m de long.
Elles sont une vingtaine, réunies souvent 2 par 2, portant des fleurs de lotus ou des fruits. Elles ont la peau blanche et beaucoup de bijoux...
L'une d'elles semble accompagnée d'une servante à la peau plus sombre (la seule vêtue), qui lui offre ses services... Elles ont inspiré des centaines de graffiteurs, qui ont composé en leur hommage, depuis le VI° siècle, une véritable œuvre d'art protégée, car témoignage d'une culture antique...
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La demoiselle à la servante | Le plateau de fruits |
On doit encore, ensuite, continuer à grimper par d'autres escaliers abrupts, de plus en plus raides, de plus en plus hauts, qui démarrent alors entre deux énormes pattes de lion sculptées dans le rocher, et montent jusqu'au sommet. Là, le point de vue est magnifique : on voit les jardins et la jungle environnante.
Il a fallu grimper 1232 marches pour y arriver, mais on débouche sur une plate-forme de 200m x 75, au ras des nuages, où séjournait le roi pendant la saison humide.
Il y reste des ruines de la forteresse et un réservoir d'eau-piscine, où la légende dit que de belles filles nageaient et dansaient (nues ?) sous le regard royal...
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D'en haut, la vue est imprenable. | |
Kassapa, ou Kasyiapa I° s'y faisait porter lors des nouvelles lunes, et s'y était fait aménager un palais raffiné, entouré de jardins fleuris, de terrasses, de bassins. De nos jours, seuls ce grand bassin et un trône de pierre subsistent au milieu des ruines.
Lorsque son frère Moggalana est revenu des Indes où il avait été exilé, et le vainquit finalement en 491, Kassapa se donna lui même la mort...
Moggalana a rendu, ensuite, le rôle de capitale à Anuradhapura en abandonnant Sigirya qui, petit à petit, est tombée dans l'oubli.
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Une descente méritée | |
A propos des graffitis qui escortent les Demoiselles, écrits sur la paroi intérieure du rocher, il est amusant de remarquer qu'ils ont eux-mêmes, au cours des siècles, acquis le statut d'oeuvre d'art ! Les archéologues ont essayé de les déchiffrer, et y sont parvenus pour plus de 700, répartis sur 6 ou 7 siècles, dans toutes les langues...
Quelques exemples :
"Des demoiselles comme vous font palpiter le cœur des hommes et vous savez aussi faire palpiter leur corps, en raidissant leur chevelure de plaisir" (Mais où ça va se nicher ?) Un autre écrit : "Sigiriya réunit les amants séparés" ; quelqu'un vante ces "magnifiques demoiselles aux yeux tels des nénuphars bleus".
Enfin nous citerons cet aveu de plaisir : "comment ne pas être heureux quand on voit ces paumes roses, ces épaules rondes, ces colliers d'or, ces lèvres cuivrées et ces yeux si grands, si grands ?".
Cette dernière inscription rend bien, tant de siècles plus tard, le bonheur que nous avons aussi ressenti à ce moment-là...

