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A travers les superbes paysages méditerranéens, pinèdes, oliveraies et orangeraies, nous partons à la découverte des sites majeurs de l'Antiquité gréco-romaine de la Côte égéenne : Ephèse, Hierapolis, Aphrodisias...
Nos pas nous mènent d'abord à 8 km de Selçuk, le nom moderne de l'ancienne Ephèse pour visiter la Maison de la Vierge. En effet, d'après la tradition chrétienne, la Vierge Marie a vécu ici ses dernières années et elle y est morte.
Les murs de fondation de la maison remontent bien au I° siècle. L'édifice, abîmé par le temps, a été restauré par les Byzantins, puis a été oublié ensuite... jusqu’à ce qu’une vision d’une religieuse allemande du 18/19°s le remette en honneur.
Sans y être venue, elle avait parfaitement décrit la maison sur la colline, trouvée ensuite par une expédition scientifique en 1891.
« La maison de Marie était carrée, la partie postérieure seule était arrondie ; les fenêtres étaient pratiquées au haut des murs et le toit était plat. Elle était divisée en deux parties par le foyer, placé au centre… » Anne-Catherine Emmerick, Visions.
Lors des persécutions de Jérusalem contre les premiers chrétiens, les Apôtres survivants se sont séparés pour prêcher l’Evangile dans le monde : l’Asie Mineure a échu à Jean, qui y est venu avec la Vierge.
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La maison de la Vierge | La statue de la chapelle Mariale |
La tombe du Saint est située à Ephèse, lieu du concile de 431, qui a défini le dogme de la maternité divine de Marie.
Sur les restes de la première maison, on a construit, entre le IV° et le VII° siècle, une chapelle mariale. Cet endroit paisible possède une source où les fidèles viennent recueillir l’eau.
Un baptistère, creusé dans le sol du jardin, témoigne de la technique baptismale des origines : une immersion totale du catéchumène…
Le Pape Paul VI y est venu en 1967, et chaque année, du fait de la vénération de l’Islam pour la Mère de Jésus, l’endroit est devenu le lieu d’un pèlerinage commun aux chrétiens et aux musulmans. Plus de 300 000 pèlerins par an y célèbrent de grandes fêtes de la Dormition de la Vierge le 15 août.
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Le baptistère | La maison de Marie |
Nous arrivons ensuite sur le site d'Ephèse, où se trouvait une autre des "7 merveilles du monde" : l’Artemision ou Temple d'Artémis, dont il ne reste rien, hormis une colonne à cannelures et un autel, près de l’entrée de la ville antique.
La colline fortifiée d’Ephèse, habitée depuis 2000 ans av. JC, a connu de nombreux maîtres : Lydiens, Perses, Grecs et Romains.
C’est lors de ces 2 dernières époques qu’elle a connu son plus haut développement : elle est alors devenue la cité la plus riche de toute la Province d’Asie, comptant même 200 000 habitants au 1° siècle avant notre ère…
Rien ne manque, dans cette ville exceptionnellement bien préservée, malgré les nombreux tremblements de terre qui agitent périodiquement cette contrée : rues, bains, magasins, places publiques, théâtre et temples…
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L'Agora supérieure | L'Odéon d'Ephèse |
Lorsque nous arrivons, il y a du monde, mais juste assez pour donner à la ville le sentiment d’être habitée. Une grue, au loin, montre l’avance des restaurations en cours.
Nous passons par l’entrée Sud et l’Agora du haut : les colonnes d’une basilique, le foyer sacré où l’on a découvert des statues d’Artemis, nous accueillent et nous mènent au premier monument en bon état.
C'est l’Odéon, en forme d’ellipse, où l’on essaye l’acoustique en déclamant depuis la scène ou l’orchestre en direction des gradins : bonne note !
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L'Odéon : essais acoustiques : le son est bon ! | Le temple de Domitien |
Nous suivons la rue des Courètes (prêtres du temple). Son côté droit est bordé d’un très beau trottoir en mosaïques et de portiques qui s’ouvraient sur des échoppes.
Le Temple de Domitien (1° s. ap.JC), bien qu’écroulé en partie, abrite aujourd’hui le musée des inscriptions.
Un peu plus loin, toujours sur la rue des Courètes, nous nous arrêtons aux latrines publiques : en marbre, une rangée de sièges côte à côte accueillait les fondements des citoyens, qui pouvaient ainsi deviser tranquillement…
Dessous, un conduit où courait l’eau emportait, dans un système d’égout bien pensé, le résultat des cogitations de ces messieurs…
A côté, une maison qui devait être un lupanar nous attire : on a retrouvé, dans le puits attenant, une effigie de Priape, de belles mosaïques et des fresques.
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La rue des Courètes | Les colonnades de la rue : les anciennes échoppes |
A l’angle de la rue et de la Voie de Marbre, se dresse l’édifice emblématique de la ville : la Bibliothèque de Celsius.
C’est avec émotion que nous en regardons la façade, en marbre blanc, superbement reconstituée (comme les autres bâtiments, celui-ci s’est effondré lors de différents tremblements de terre, courants en cette région sismique).
Bâtie en 135 ap. JC par le consul Julius Aguila en l’honneur de son père, Gaius Julius Celsius
Polemaenus, dont le corps repose toujours dans un sarcophage sous la niche centrale, elle abritait 12 000 manuscrits et parchemins, roulés dans des niches creusées dans les murs. Derrière les niches, un couloir d’aération d’1 m les préservait de l’humidité…
Nous passons sous la Porte de Mazaeus et de Mithridate, aux 3 belles arches, qui donne accès à l’Agora commerciale.
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La Bibliothèque de Celsius | La Porte de Mazaeus et de Mithridate |
La voie de Marbre nous mène au Grand Théâtre. Cette construction aux 66 rangées, qui pouvait contenir 25 000 spectateurs, faite au I°s, a été complétée sous Trajan (53-117). Elle est en partie détruite. Derrière le mur de façade, haut de 18 m, une scène, bien conservée, accueille un festival en juin-juillet. Le programme était alléchant, mais nous n’étions pas encore là !
On grimpe sur les derniers gradins, ce qui nous permet d’apercevoir la voie Arcadiané, une artère majestueuse de 600 m du V°s, pavée de marbre, les socles des 4 colonnes des Evangélistes et le site de l’ancien port, envahi maintenant par la végétation.
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La Voie de Marbre | Le Grand Théâtre |
Avant de quitter le site, nous partons à travers le Mont Pion, jusqu’à ce que nous trouvions, plus à l’est, un chemin marqué « grotte des 7 dormeurs ».
Nous le suivons entre champs et vergers et arrivons à la grotte, témoin d’une légende émouvante.
On dit que, vers l’an 250, 7 jeunes Chrétiens d’Ephèse, fuyant les persécutions de Décius, y avaient trouvé refuge.
Emmurés par leurs poursuivants, ils se sont endormis d’un si profond sommeil qu’ils ne se sont réveillés que 200 ans plus tard, lorsque le Christianisme était devenu religion d’état et qu’ils ne craignaient donc plus rien. On dit même qu’à son réveil, un des jeunes gens est sorti pour aller chercher du pain comme si de rien n'était…
Le site est si calme, si doux, les odeurs d'herbes et de plantes si odoriférantes sous le soleil qu’on comprend que de nombreux pèlerins qui se rendaient à la proche basilique St Jean, bâtie sur l'emplacement du tombeau de l'Apôtre, furent nombreux à désirer être inhumés là, dans l’espoir, peut-être, de se réveiller au bout de 200 ans...



