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Au volant de notre voiture américaine, nous décidons de visiter quelques hauts lieux de l’Arizona. A 80 km au sud de Flagstaff en direction de Phoenix, nous arrivons dans un endroit paisible et solitaire, fermé d’un côté par une falaise rose d’une trentaine de mètres.
Nous sommes à Montezuma Castle, devant un village, classé monument national, qui a été bâti au XII° siècle par les Indiens Sinagua. C’est un des sites indiens les mieux conservés des Etats-Unis…
Le nom « Sinagua » veut dire, en Espagnol « sans eau ». En effet, la tribu qui s’est installée ici vivait, à l’origine, sur le Plateau aride alors que les Hohokams avaient annexé le cours du «Beever Creek», la rivière du Castor et dépendait, pour ses cultures, des précipitations… Lorsque les Hohokams ont émigré vers le Nord, les Sinaguas sont descendus vers le cours d’eau et ont alors construit le village que nous admirons.
Le village s’observe de loin, parce que la falaise est très érodée par le temps. On ne peut donc y monter, à notre grand regret : on doit se contenter, pour en comprendre l’organisation, de regarder les panneaux posés dans les arbres le long de la rivière, et les maquettes du "Visitor
Center".
Plutôt que d’un village, on peut parler d’une sorte de bâtiment communautaire composé d’une vingtaine de pièces semi-troglodytiques. Ces pièces, carrées, sont bâties en terrasses étagées sur 5 niveaux, sans portes ni fenêtres pour mieux pouvoir les isoler en cas d’attaque. Des trappes creusées dans les sols et les plafonds permettent l’accès d’un étage à l’autre grâce à des échelles amovibles : on accède au toit d’un niveau par une échelle posée au niveau inférieur.
Mais, ensuite, vers le XV° siècle, pour des raisons inconnues, ils ont quitté cet endroit pour rejoindre les autres tribus dans les Pueblos Hopis plus au Nord.
Si le nom semble créer un lien avec les Aztèques (Montezuma était le dernier empereur mexicain), c’est qu’il a été attribué, à tort, à ce lieu, au XVII° s, par les Espagnols du Nouveau-Mexique surpris de trouver des habitations en dur : ils ont cru que les Indiens d’Amérique Centrale avaient émigré là après la conquête...
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Montezuma Castle : la falaise et la rivière | Le village fortifié dans sa falaise |
Nous poursuivons notre route vers Sedona et entrons dans le “Red Rock Country”, le pays des rochers rouges immortalisés par le cinéma.
Un paysage semi-aride de sable rouge et de buissons gris-vert, égayé par des yuccas en fleurs et des multitudes de cactus aux formes variées : chandeliers, tuyaux d'orgue, raquettes...
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Le village fortifié | Maquette du village Siangua, en coupe |
Pour arriver à Red Road Crossing, réputé pour être un des endroits les plus photographiés de l’Etat, nous traversons des canyons panoramiques, parfois traversés par un ouvrage en dentelle de métal digne de Gustave Eiffel. On entendrait bien siffler le train… Mais les Indiens nous font attendre : tout se perd !
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La Red Rock Country | La Red Rock Country |
Ce n'est que plus tard, après avoir passé une nuit au Grand Canyon, lorsque nous revenons en suivant la Little Colorado River, à Desert View, au milieu de terres arides mais grandioses, que nous voyons nos premiers indiens, les Navajos…
Depuis l’abandon, par Nixon, de la politique d’assimilation qui visait à supprimer culture et société indiennes, on assiste à un essor démographique des tribus. 310 d’entre elles sont recensées principalement dans 4 états : Californie, Arizona, Nouveau-Mexique et Oklahoma, regroupant à peu près 2 millions de personnes.
Bien que la vie dans beaucoup de réserves demeure difficile, qu’on constate que quelques maux perdurent, voire s’aggravent, comme l’alcoolisme et l’abus de drogue, avec leur cortège de violences, le développement du SIDA et la violence faite aux femmes, la remontée de l’espérance de vie et la revitalisation des communautés donne des espoirs.
Les tribus acquièrent peu à peu la souveraineté sur leur territoire, et, dans ces contrées, ont ouvert de nombreux casinos, au grand dam des états où, souvent, les jeux d’argent sont interdits.
C’est ainsi que nous allons jouer dans un de ces fameux casinos qui représentent une source de revenu non-négligeable et leur ont permis de s’équiper en infrastructures indispensables pour mener une vie plus décente : logement, routes, électricité, eau courante, santé,éducation, couverture sociale…
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Les grandes plaines | Casino et échoppes navajos |
Ici, la pénombre est soigneusement entretenue. Seules les machines resplendissent et semblent animées, bruyantes.
Devant elles, un monde halluciné tient son gobelet de pièces à la main et les engloutit dans le ventre des bandits manchots. Si quelqu’un gagne, tout se met à clignoter, encourageant les voisins à ne pas quitter leur siège…
Nous perdons un nombre raisonnable de « quarters » et ressortons au jour, amusés de cette excitation…
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La Little Colorado River | Cactus candélabres |
Sur la route, nous entrons dans quelques échoppes qui vendent de l’artisanat traditionnel aux touristes et achetons cadeaux et souvenirs, dont de délicieux tableaux de sable aux motifs navajos qui nous rappelleront ce voyage.
Petit à petit, la nation indienne réussit donc à trouver un équilibre entre les règles du marché et les valeurs ancestrales et culturelles..
Mais, maintenant, un moment fort nous attend : la visite du Grand Canyon !

