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San Francisco, "Frisco" dans les années 60 et "S.F." pour les intimes, est une ville construite au carré dans un chaos géographique en dents de scie.
Elle slalome entre 12 collines proches et officiellement 43 en arc de cercle : comment fait-elle alors pour être aussi attirante ? Et que, touristes envoûtés par cette belle, nous y ayons tellement tourné en rond ?
Bien que longée en 1642 par le Portugais Rodriguez Cabrillo, sa baie n’a été pénétrée qu’en 1579 par le pirate Anglais Francis Drake, qui n’a pas été rebuté par les vagues ni les remous !
Devenue Espagnole au XVIII° s sous le nom de « Yerba Buena », (bonne herbe) habitée par des chasseurs de baleines, des marchands, des aventuriers et des pirates, annexée par le Mexique, elle est enfin devenue Américaine…
En 1848, après la découverte de l’or dans la Sierra Nevada et la ruée qui a suivi, la ville s'est agrandie de manière explosive. Depuis, elle est resté le centre du commerce, de la culture et de l'aventure de la Californie du Nord.
Pour en découvrir tous les charmes, nous avons pris un hôtel en centre ville, « l’hôtel Union Square », dans la rue du même nom.
Il est à taille humaine (européenne, disent les guides) et, cerise sur le gâteau, les parties communes, qui restaurées avant notre venue en 1996, lui redonnaient son charme Art Déco originel. Dans un petit salon, une table et une chaise auraient même accueilli Dashiell Hammett en proie à l’inspiration d’un de ses romans. En tous cas, c’est ce que disent quelques photos !
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Union Square et ses immeubles chics | Les Painted Ladies de Haigth Ashsbury |
Notre quartier est piétonnier, plein de belles demeures, c’est le centre des affaires, du commerce et du shopping. Il y a une large variété de grands magasins et de boutiques et le « cable car » passe devant chez nous, prêt à nous mener ailleurs.
La ville a servi de cadre à tant de films que nous avions l’impression de connaître ses collines. Hé bien, la caméra n’a pas menti : elles sont aussi hautes et abruptes qu’à l’écran... Nous allons essayer de découvrir les plus typiques.
Tous les styles architecturaux coexistent, suivant l’origine et la fortune des propriétaires : ainsi avons-nous vu des rues en pente raide bordées de maisons victoriennes, des bâtiments de bois et de stuc, de petits immeubles très colorés qui encadrent la vue sur la baie, des «palais» de style italianisant aux corniches débordantes, aux bossages et aux petits frontons surplombant les ouvertures, de luxuriants jardins fleuris…
Les grands hôtels rivalisent de luxe et d’ostentation, les opéras valent ceux de New York, quelques devantures de boutiques rappellent l’époque hippie.
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Haigth Ashbury district et ses painted Ladies | Voulez-vous un journal ? |
Sur Haigth Ashbury District, nous découvrons les fameuses Painted Ladies (les dames peintes), ces maisons qui ont donné à la ville son caractère architectural unique. Datant des années 1880, leurs dimensions sont standardisées : 8 mètres de façade et 30 mètres de profondeur.
En bois de séquoia, d’une l’ornementation complexe, elles rassemblent les modes de La Belle Époque, du style Second Empire au Queen Anne en passant par le néoroman de Richardson. Elles sont ornées de bay windows et autres types d’oriels, afin de profiter au maximum du somptueux panorama.
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En route vers l'Aventure | Le cable car va démarrer |
Quant à Lombard Street, à Russian Hill, c’est une rue en pavés rouges, une des plus tortueuses du monde.
Son tracé en "S" a permis d’en abaisser le dénivelé de 26% à 16%. Des massifs d’hortensias, plantés à l’initiative d’un Français, en soulignent harmonieusement les courbes.
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Lombard street et ses "S" bien pentus | Le Golden Gate Park |
Le "cable car" qui passe devant chez nous est un funiculaire qui transporte les passagers sur les pentes de la ville depuis 1873 et fait partie du patrimoine architectural de cette époque.
Il ne subsiste que trois des multiples lignes mises en service au XIX° siècle. Attention, les rails sont français ! Chaque voiture s’accroche, grâce à un « grip » (grappin) à un câble sans fin, inséré dans la chaussée. Il peut monter des pentes de plus de 20% et se sert du frein à main (bien crissant) dans ses descentes en roue libre…
Au terminus, à quelques rues de Fisherman's wharf où nous nous rendons, nous voyons comment les opérateurs tournent les voitures de 180°, encore à bras d'homme. Nous sommes alors dans le quartier de l'Embarcadero qui nous offre de nombreux petits magasins de spécialités, des attractions touristiques et de bons restaurants.
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Le palace of Fine Arts | Le Golden Gate |
C’est ainsi que nous allons déjeuner chez Sabella & La Torre sur le « Pier 39 », tout en bois, sous lequel vit une colonie de phoques.C'est un restaurant réputé pour ses bons poissons et fruits de mer.
Il y a un monde fou : on prend un ticket et on patiente. Notre statut de Français nous vaut un prompt service… Après s’être fait recouvrir du traditionnel tablier-bavoir, on y savoure de fameux plateaux de mer !
On visite ensuite Ghirardelli Square, une ancienne fabrique de chocolats en briques rouges reconvertie en galerie d’art et de cadeaux, comme sa voisine, The Cannery, une ancienne conserverie de poisson...
Et comment ne pas parler des quartiers plus « exotiques », comme Chinatown ou Japantown et leurs magasins spécialisés en objets orientaux et en nourriture asiatique, ou de l’héritage espagnol de la Californie dans les bâtiments de style Mission, avec leurs surfaces lisses percées d’arcades surmontées de toitures de tuiles rouges ?
On ne peut quitter la ville sans parler de ses parcs. Le Golden Gate Park, à côté de Haigth
Ashbury, créé en 1868 au milieu des dunes, et qui contient plus de 6 000 variétés de plantes de tous les coins du monde.
On raconte qu’on y a planté 1 million d’arbres… Il est composé de jardins à thèmes différents, de lacs, accueille des concerts et longe les plus beaux musées de S.F.
En allant vers la baie, on longe un dôme romain en son jardin, au bord d’un lac où nagent de majestueux cygnes.
C’est le Palace of Fine Arts, (Palais des Beaux-Arts) bâti à l'occasion de l'Exposition internationale de Panamá-Pacific en 1915, lors de l'ouverture du canal. Nous sommes dans le parc de l’Exploratorium, un musée consacré aux sciences physiques.
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Vues sur la baie depuis les hauteurs de Twin Peaks |
Les plus belles vues sur la baie sont sur les hauteurs de Twin Peaks (les pics jumeaux). On y découvre un paysage de rêve très variété : les vagues déferlantes du Pacifique, les eaux calmes de la baie, des îles brumeuses dont la célèbre Alcatraz…et puis d’autres collines, autour de nous.
La baie est belle, avec ses voiles multicolores déployées pour saluer l’arrivée du printemps !
Au loin, nous voyons le Golden Gate Bridge et son élégante silhouette si souvent dans la brume. Le Golden Gate, que nous avons pris pour aller à Sausalito et Muir Woods, est un pont très impressionnant, avec ses énormes tours, ses câbles suspendus et sa longueur de 2,7 kilomètres.
On y retrouve le style "Art Déco" français aux formes géométriques et aux multiples décrochés. Il a été conçu par l’architecte Irving Morrow et par l’ingénieur Joseph Strauss, qui est aussi le concepteur du pont Jacques-Cartier, sur le fleuve Saint-Laurent, à Montréal.
Le pont fait partie de l'autoroute 101 et constitue un lien essentiel entre la ville de San Francisco et les comtés du nord de la baie. C’est un endroit très animé, surtout durant l'été.
On nous dit qu’environ neuf millions de personnes le visitent chaque année (sondage du
San Francisco Convention and Visitor Bureau de 1989). Les piétons et les cyclistes ont accès aux trottoirs durant la journée, les rollers, planches à roulettes et autres trottinettes sont interdits. Quant aux chiens, ils doivent être tenus en laisse tout le temps.

