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Carnet de voyages de Venise

L'Est et le Nord-Est de Venise : de l'Arsenal au Panthéon

 

Comment visualiser les photos

Pour visualiser les photos, il vous suffit de cliquer sur les liens dans le texte. Passez aussi avec la souris sur les photos disposant d'une bordure bleue.

En quittant le "Molo", après avoir longé le fameux hôtel Danieli (qui abrita les amours de George Sand et Musset, mais aussi ceux de James Bond dans ses oeuvres), on arrive dans le sestier du Castello par des ruelles colorées et affairées.

Le quartier était autrefois habité par les ouvriers de l'Arsenal, il en a gardé un côté populaire et bon enfant. On y trouve, par exemple, de petits restaurants où l'on mange des plats typiques, loin des touristes, pour des prix beaucoup plus raisonnables !

 

Le Castello et l'Arsenal

Pause dans les jardins de la BiennaleFlottant au ciel, les "dessous" du Castello
Des jardins de la biennale aux rues animées de l'Arsenal

 

En suivant les quais, on atteint les Jardins publics, I Giardini, un bel espace de verdure. La ville y organise, tous les deux ans, lors des années paires, la Biennale d'Art Contemporain.

Un joli canal nous amène vers la porte de l'Arsenal, de style Renaissance, édifié par Gambello en 1460. C'est un édifice bicolore, avec des tours crénelées, flanqué de 4 lions en pierre. Elle ouvre la porte aux chantiers navals, où plus de 3 000 ouvriers ont travaillé pendant des siècles pour la plus grande gloire de Venise.

Défini par le gouvernement de la République comme le " coeur de l'état vénitien ", l'Arsenal, fondé en 1104 par le Doge Falier, devint le plus puissant chantier naval du monde.

L'organisation du travail était tellement poussée qu'on y oeuvrait déjà "à la chaîne" : lorsque c'était nécessaire, les Chantiers arrivaient à fournir une galère par jour aux commanditaires !

 

La Darse de l'ArsenalLa porte de l'Arsenal
Le quartier de l'Arsenal, calme et laborieux

 

En revenant vers le Nord du Sestier, par le Rio dei Medicanti, on longe d'autres habitations bâties par la République, pour loger les ouvriers de l'Arsenal : des mâts aventureux font toujours claquer le linge au vent, hardies bannières familiales !

 

Plus au nord, vers Zanipolo, le Panthéon de Venise

On atteint ainsi la place Zanipolo, bordée de cafés et de restaurants, où se déroulaient des revues équestres. La Scuola San Marco, devenue un hôpital, montre une façade asymétrique, de Pietro Lombardo, où se mêlent les styles gothique et Renaissance, avec des motifs en trompe l'oeil et des plaques de marbre. Sa chapelle abrite des Tintoret et des Véronèse...

Cette place abrite aussi l'Eglise Zanipolo, le "Panthéon" de Venise : la plupart des Doges et des gloires de Venise y ont un mausolée, exécuté par les plus grands artistes de l'époque.

 

Une ruelle tranquille et colorée du quartierLa Scuola San Marco, abrite un hôpital de nos jours
Et toujours un pont au-dessus des canaux...
La Scuola San Marco

 

Devant l'Eglise Zanipolo, se dresse fièrement la statue du Colleone, exécutée par Verrocchio au XV° s. Condottiere à la solde de Venise, il laissa à sa mort toute sa fortune à Venise, pour qu'une statue à sa gloire soit érigée "en face de Saint Marc". Embarrassés par sa demande, les Doges la firent finalement ériger "en face de Saint Marc" comme stipulé dans le legs, mais en face de la "Scuola" San Marco et non de la Basilique !

La place Santa Maria Formosa, entourée de beaux palais, accueillait autrefois courses de taureaux ou kermesses populaires. L'Eglise Renaissance, (1492, Mauro Codducci), toute de blancheur marmoréenne, les arbres et les échoppes de la place en font dorénavant un havre de douceur, de calme et de beauté.

 

La statue du Colleonel'église de Santa Maria Formosa
Le fier Colleone
La blanche église Santa Maria

 

"ZANIPOLO" quel nom curieux ! Il s'agit, en fait, de la contraction des noms "San Giovani e Polo", en dialecte vénitien qui présente, par rapport à l'Italien classique, des zézaiements et des raccourcis caractéristiques.

A partir du XII° siècle, et jusqu'au XVII° siècle, le Vénitien, à l'image de la puissance de la République, était la langue littéraire de l'Italie du Nord-Est. Marco Polo dictait ses souvenirs en dialecte vénitien à Rusticello, qui les rédigeait ensuite, pour publication, en roman, la langue la plus répandue dans l'Europe de cette époque.

 

Dialecte et gastronomie

Pour donner un autre exemple de ce dialecte, Vittore "Carpaccio", qui naquit à Venise vers 1465, voit on patronyme transformé, en vénitien, en "Scarpazza" ou "Scarpazzo". Mais il est connu à plus d’un titre, notre Carpaccio.

Peintre narratif de l’école vénitienne qui introduit le thème de l’architecture dans ses paysages urbains en créant un style nouveau, les "Vedute", il a aussi donné son nom à une recette devenue universelle : le Carpaccio, inventé en 1950 à l’hôtel Cipriani, dont la couleur ressemble aux rouges utilisés par le peintre, et qui consiste en de fines tranches de viande de boeuf, crue, marinées à l’huile d’olive et au citron.

La recette a rencontré un tel succès qu’on la décline maintenant en salé comme en sucré. Viandes blanches, volailles, poissons, crustacés et même fruits ou légumes : carpaccio de saumon, de courgettes ou d’ananas, au choix de la fantaisie du chef !

De nos jours le dialecte vénitien est encore parlé ou compris, hors de Vénétie, dans le Tyrol italien et dans ce qui était autrefois la Dalmatie et l'Istrie. On parle aussi le frioulan en Vénétie du nord-est, parallèlement à l'Italien moderne qui s'est constitué, pour l'essentiel, à partir de l'ancien dialecte florentin.

 

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