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Lorsqu'on prend le vaporetto, "l'on ne sait où finit la terre, où commence l'eau", disait Marcel Proust. Un peu de brume, et le ciel lui-même joue à nous confondre.
C'est ainsi que nous avons deviné San Giorgio Maggiore depuis le Campanile de San Marco, avant de nous y rendre.
Face aux six sestiers qui bordent le Grand Canal, s’élève une autre île où vit un quartier plus excentré, celui de la Giudecca, dont la pointe orientale se termine par un îlot, San Giorgio Maggiore. C’est le vaporetto n° 5 qui nous y mène.
Sur l'îlot éponyme, l'église San Giorgio Maggiore, très lumineuse, comme un pendant à San Marco, érige aussi son campanile de briques rouges sur une construction de pierres blanches.
Elle a été bâtie à partir de 1566 sur des plans de Palladio et reflète le souci de l’architecte d’adapter les structures antiques aux exigences humanistes nouvelles.
Du Campanile de san Giorgio, une vue élevée du Grand canal |
Lors de la traversée, nous avons essuyé une petiite pluie. Elle a cessé et nous avons pu monter en haut du Campanile.
La lumière est revenue, faisant briller les monuments fraîchement lavés et donnant des reflets changeants au Grand canal qui s'étire sous nos yeux.
Du haut de San Giorgio, on jouit d'une vue panoramique superbe sur toute la lagune. On admire, de gauche à droite : la Giudecca et la coupole de San Giorgio, Dorsoduro et la Pointe de la Douane, le Grand Canal et San Marco.
Venise est une ville où l'on voit loin dès qu'on s'élève, l'ascension nous récompense aussitôt de nos efforts...
Plus à l'Ouest, sur l'île de la Giudecca, on voit l'Eglise du Redentore, (le Rédempteur), avant de s'y rendre.
Cette église a aussi été construite par Andrea Palladio, dès 1577, lorsque le Sénat de Venise a voulu remercier le Seigneur d'avoir mis fin à la terrible épidémie de peste de 1576, qui avait fait plus de 50 000 morts...
Sa façade aligne le fronton avec la toiture triangulaire, donnant cette vision inoubliable de deux triangles isocèles superposés.
"C'est après la pluie qu'il faut voir Venise" (Whisler) | |
Un quai, des rues calmes, de la verdure, de petits restaurants tranquilles, des commerces utilitaires qui ont déserté le cœur de la cité, l'île de la Giudecca est un havre pour le promeneur. C'est sûrement pour ces qualités qu'on y trouve l'un des plus beaux palaces de la ville, niché dans ses jardins : l'hôtel Cipriani (déja rencontré, souvenez-vous, dans la création du "carpaccio".
Nous n'y avons pas installé nos pénates, mais nous nous sommes promenés le long des Zitelle, un quai qui longe le Canal de la Giudecca, et dont l'église, bâtie aussi sur des plans du Palladio, et le couvent qui la jouxte doivent leur nom aux vieilles filles (les zitelle) qui avaient une réputation de dentellières émérites.
Enchantés par ces îles proches, nous décidons de pousser nos explorations plus loin et d'aller visiter celles de la lagune.